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Les grandes puissances répondent à la demande de Trump

Dans un contexte d’escalade des tensions et de poursuite de la guerre avec Iran.

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Plusieurs pays ont réagi, lundi, à la demande du président américain Donald Trump d’envoyer des navires de guerre pour contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, dans un contexte de fortes tensions régionales et de poursuite du conflit avec Iran.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé que le Royaume‑Uni ne s’impliquerait pas dans la guerre en cours avec l’Iran, tout en soulignant que Londres continuera à œuvrer pour parvenir rapidement à une solution à la crise. Il a ajouté que la coordination avec les pays arabes se poursuit quotidiennement afin de contenir l’escalade, estimant qu’un cessez-le-feu pourrait ouvrir la voie à des négociations avec Téhéran. Concernant le détroit d’Ormuz, Starmer a reconnu que sa réouverture « ne sera pas une tâche facile », tout en affirmant que Londres travaille avec ses alliés pour rétablir la liberté de navigation.

De son côté, Allemagne a répondu à la demande américaine. Son ministre des Affaires étrangères a indiqué que Berlin ne voyait aucun rôle pour l’OTAN dans le détroit d’Ormuz. Le ministre allemand de la Défense a également exclu toute participation militaire, déclarant : « La guerre en Iran n’est pas notre guerre ».

Dans le même contexte, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a estimé que la diplomatie demeure la meilleure voie pour résoudre la crise liée au détroit d’Ormuz. S’exprimant à Bruxelles, il a précisé que Italie n’envisageait pas d’étendre ses missions navales à cette zone, malgré sa participation à des opérations défensives en mer Rouge.

La Grèce a également indiqué qu’elle ne participerait à aucune opération militaire dans le détroit d’Ormuz. Le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis, a précisé que son pays poursuivrait uniquement sa participation à la mission navale de l’Union européenne baptisée opération Aspides, chargée de protéger les navires en mer Rouge.

Positions des pays non européens

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a déclaré que le Japon ne prévoyait pas pour l’instant d’envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Elle a indiqué devant le Parlement que le gouvernement étudiait encore les mesures possibles dans le cadre juridique national pour protéger les navires liés au Japon et leurs équipages.

Le ministère des Affaires étrangères de Chine a, pour sa part, affirmé que Pékin restait en contact avec toutes les parties concernées par la situation actuelle, soulignant son engagement en faveur d’une désescalade dans la région. La diplomatie chinoise a également appelé à un arrêt immédiat des opérations militaires afin d’éviter une aggravation de la crise et ses répercussions sur l’économie mondiale.

De son côté, la Corée du Sud a annoncé qu’elle mènerait des consultations intensives avec les États‑Unis avant de décider d’une éventuelle participation à un effort maritime de sécurité dans le détroit d’Ormuz.

Quant à Australie, la ministre des Transports Catherine King a déclaré que le gouvernement ne prévoyait pas d’envoyer des navires de guerre dans le détroit, malgré l’importance stratégique de cette voie maritime.

Dimanche, le président américain Donald Trump avait appelé plusieurs pays alliés à rejoindre une mission visant à protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz. Il a indiqué que son administration menait des discussions avec sept pays pour sécuriser ce passage stratégique, alors que Iran a partiellement fermé la zone à la plupart des pétroliers.

Trump a également estimé que la Chine devrait contribuer à rouvrir le détroit d’Ormuz, soulignant qu’environ 90 % des importations pétrolières chinoises transitent par ce passage maritime stratégique.