Monde

Le Makhzen continue d’écrire son sombre bilan de trahison

Un nouvel épisode du feuilleton de la dérive politique et de l’abandon des constantes

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Dans un nouvel épisode du feuilleton de la dérive politique et de l’abandon des constantes, le Makhzen continue de consolider son alignement controversé aux côtés de l’entité sioniste, dans une démarche qui révèle clairement l’ampleur de l’érosion ayant touché sa souveraineté, notamment lorsqu’il s’agit de ses positions sur les causes justes, s’inscrivant dans une dynamique de compromission, cette fois à travers une atteinte à l’unité de la Somalie sœur. Un comportement qui reflète une disposition à promouvoir une logique de fragmentation et de partition en échange d’un soutien politique sioniste au dossier du Sahara occidental, à bas prix.

Dans un nouvel épisode illustrant le degré de soumission, le Makhzen persiste dans la consolidation de son alignement après avoir choisi volontairement d’entrer dans le « cercle d’obéissance » sioniste, abandonnant même le minimum de cohérence avec les positions arabes et islamiques. Rabat a en effet été absente du consensus rejetant la reconnaissance par l’entité sioniste de la région sécessionniste du « Somaliland », et n’a pas signé la déclaration commune condamnant cette ingérence flagrante dans la souveraineté d’un État membre de la Ligue arabe.

Cette absence ne peut être justifiée par des considérations diplomatiques passagères, mais révèle clairement une logique de marchandage qui régit le comportement du Makhzen, où les principes de souveraineté et d’unité des États sont échangés contre des accords circonstanciels négociés en coulisses. Alors que des puissances régionales influentes se sont empressées de dénoncer toute atteinte à l’unité de la Somalie, Rabat a choisi de se positionner dans une zone de complicité, en cohérence avec ses engagements dans le processus de normalisation, même au prix de la remise en cause de ce qui reste de son discours sur l’intégrité territoriale.

Cette position met en évidence une contradiction flagrante du Makhzen, qui prétend défendre sa propre unité tout en gardant le silence face au soutien d’une entité étrangère à un projet sécessionniste dans un autre État. Une double posture qui reflète une volonté de justifier la fragmentation lorsqu’elle sert ses intérêts, tout en la rejetant lorsqu’elle touche ses propres calculs.

Ainsi, par ce comportement, le Makhzen ne se contente pas de s’isoler de son environnement régional, mais hypothèque ce qui reste de sa crédibilité, confirmant que ses choix ne reposent plus sur des principes constants, mais sur des alliances circonstancielles, quelles qu’en soient les conséquences politiques et morales.

Dans un développement simultané reflétant la politique française de soutien à l’occupation marocaine, l’ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, a effectué une visite « provocatrice » dans la ville de Laâyoune occupée au Sahara occidental, une démarche qualifiée de « nouveau chapitre de l’agression contre le peuple sahraoui », sous couvert diplomatique manifeste.

Ce geste a suscité une forte vague de condamnations, la diplomatie de la République arabe sahraouie démocratique, par la voix de son ministre Mohamed Yeslem Beissat, affirmant que cette visite dépasse la provocation pour atteindre le niveau de la complicité directe. Elle l’a qualifiée de contribution effective à la remise en cause des efforts internationaux visant à parvenir à une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental. La diplomatie sahraouie a accusé la France de se soustraire à ses engagements en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et de violer ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Selon plusieurs observateurs, ce comportement français ne reflète pas seulement une double lecture des principes, mais révèle aussi une volonté persistante de jouer un rôle de blocage de tout véritable processus de décolonisation, en privilégiant l’alignement avec l’occupation plutôt que le respect de la légalité internationale. De son côté, le Front Polisario a réaffirmé que la souveraineté sur le Sahara occidental n’est pas négociable et que le peuple sahraoui poursuivra sa lutte jusqu’à l’obtention de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, malgré toutes les manœuvres et pressions extérieures.

L’intersection entre ce que le texte qualifie de « trahison marocaine envers la Somalie » et le soutien français à l’occupation marocaine du Sahara occidental révèle, selon lui, une réalité selon laquelle le Makhzen évolue en dehors du cadre arabe et islamique, allié aux forces du colonialisme et de l’agression sioniste pour servir ses propres intérêts, dans une scène qui démontre que la normalisation n’est pas une simple relation diplomatique, mais une conspiration majeure contre la nation.