Economie

Les marchés des fruits et légumes sous surveillance

leurs prix ont connu une hausse notable depuis la fin du mois de Ramadan

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Les marchés des fruits et légumes en Algérie connaissent, depuis la fin du mois de Ramadan, une forte hausse des prix qui suscite le mécontentement des consommateurs, d’autant plus que beaucoup jugent ces augmentations « injustifiées » et touchant des produits de large consommation. Le prix de la tomate a ainsi dépassé 220 dinars le kilogramme dans les marchés de détail, tandis que celui de l’ail a franchi les 1 200 dinars, et l’oignon rouge s’est maintenu à au moins 110 dinars le kilogramme, révélant un dysfonctionnement des mécanismes de régulation du marché.

Ces hausses rapides remettent sur la table la problématique de l’organisation de la filière des fruits et légumes, notamment au niveau des marchés de gros, censés servir de référence pour la fixation des prix et l’équilibre entre l’offre et la demande. Cependant, la réalité sur le terrain montre des déséquilibres profonds, en particulier le contrôle exercé par les intermédiaires sur la chaîne de distribution dès la sortie des produits des exploitations agricoles.

Multiplication des intermédiaires : un problème à résoudre

Dans ce contexte, des professionnels soulignent que les agriculteurs sont contraints de vendre leur production tôt le matin à un premier intermédiaire, qui la revend ensuite à un deuxième, voire un troisième, avant qu’elle n’atteigne le détaillant. Dès 5 heures du matin, les produits ont souvent déjà traversé plus de trois circuits d’intermédiation, ce qui entraîne une inflation rapide des prix répercutée directement sur le consommateur final.

Des circuits de distribution peu contrôlés

Cette situation soulève de sérieuses questions sur l’efficacité des marchés de gros dans leur rôle régulateur, d’autant plus qu’une part importante de la production agricole — estimée entre 60 % et 70 % — n’y transite pas. Cela favorise l’émergence de circuits parallèles manquant de transparence et alimentant la spéculation.

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont réagi. La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdelatif, a réaffirmé, lors d’une récente réunion avec les représentants des grossistes, la nécessité de réorganiser cette filière stratégique dans une approche participative visant à améliorer le fonctionnement du marché et garantir un approvisionnement régulier.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’efforts continus pour restructurer les marchés de gros des fruits et légumes, au nombre d’environ 43 à travers le pays, dont 9 grands marchés régionaux relevant de l’entreprise Magro, soulignant l’importance de ces infrastructures dans la régulation des prix et la réduction des écarts entre gros et détail.

Les observateurs estiment que la réforme du secteur passe nécessairement par la réduction du nombre d’intermédiaires, le renforcement du contrôle des circuits de distribution, la modernisation des méthodes de gestion et l’encouragement du passage des produits par les circuits organisés. L’implication des professionnels dans l’élaboration des solutions apparaît également comme une étape essentielle pour instaurer un marché plus transparent, stabiliser les prix et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.