Nation

Visite du Pape en Algérie: l’échec du narratif médiatique français

Ne soyez pas surpris par les choses étranges et absurdes diffusées par les chaînes de télévision et les journaux français concernant la visite du pape du Vatican en Algérie ; ils agissent ainsi en raison de la douleur intense qu’ils ressentent face à l’impact qu’a eu cette visite sur eux

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Les médias français, qu’ils soient audiovisuels ou écrits, pensaient réussir à banaliser la visite historique du pape du Vatican en Algérie, qu’il a choisie comme première étape de sa tournée africaine. Mais c’est l’inverse qui s’est produit : les médias français sont apparus à un niveau inédit de « futilité », s’accrochant à d’anciennes narrations sur l’Algérie, dans le but d’influencer Léon XIV, qui a déclaré ne pas craindre l’administration Trump et ne pas vouloir entrer en polémique avec elle. Dès lors, comment perçoit-il les « aboiements » d’une presse de commande, dont la préoccupation est l’hostilité gratuite ?

Ne soyez pas surpris par les choses étranges et absurdes diffusées par les chaînes de télévision et les journaux français au sujet de la visite du pape en Algérie. Ils agissent ainsi en raison de la douleur profonde que leur a causée cette visite, alors qu’ils espéraient avoir réussi à ternir l’image de l’Algérie, à la diaboliser et à en faire un pays dont tout le monde se détourne.

Le magazine « Paris Match » n’a-t-il pas affirmé que les églises étaient « fermées » en Algérie et que les cultes y étaient interdits ? De son côté, « Le Figaro » a évoqué un manque de liberté, tandis que la chaîne « CNews », fer de lance de la campagne médiatique de la droite française, a sombré dans une véritable frénésie pour perturber la visite de Léon XIV.

Le pape n’a prêté attention ni à celui qui avait affirmé un jour, au palais de l’Élysée, qu’« il n’y avait pas de nation algérienne avant 1830 », car le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, avait déjà souligné que « les Français ne connaissent pas l’histoire de l’Algérie, terre où a grandi saint Augustin ». Il n’a pas non plus écouté les accusations de restrictions à la liberté de culte des non-musulmans, car il connaît l’histoire, la pensée et le soufisme de l’émir Abdelkader, qui a sauvé la vie de milliers de chrétiens par sa sagesse, sa tolérance et sa noblesse morale. Cela, bien avant l’émergence d’une certaine presse, et de figures comme Éric Zemmour, Bernard-Henri Lévy, Marine Le Pen ou Bruno Retailleau, qui pensent produire de la pensée et influencer l’opinion publique et les politiques.

Devant le Maqam Echahid, le pape a affirmé dans un message clair et sans équivoque : « Le monde a besoin de croyants comme le peuple algérien, d’hommes et de femmes animés par la foi et assoiffés de justice. L’Algérie est un grand pays, avec une histoire et des traditions riches. » Une véritable gifle pour les médias français, qui devraient sortir de leur torpeur et cesser de s’enfoncer dans la superficialité, après être tombés dans le piège de la propagande, des mensonges et de la perte d’indépendance, au point d’être atteints d’une sorte de « paranoïa » appelée « algérophobie ».

Les médias français ont donné une autre preuve, à travers leur traitement de cette visite, que Paris a perdu son levier médiatique, autrefois utilisé pour faire passer ses messages, défendre ses intérêts, voire exercer des pressions ou du « chantage ». Aujourd’hui, ces médias ne sont plus ni écoutés ni regardés par les Algériens, ni dans les cafés, ni dans les foyers, ni dans les discussions privées. Ils sont devenus un « disque rayé », un simple instrument de propagande sans influence ni crédibilité. Ce n’est pas qu’une opinion, mais une réalité reconnue même par certaines élites françaises, qui admettent la dérive non professionnelle et le double standard de nombreuses rédactions.

Ainsi, la part de la France dans les échanges commerciaux avec l’Algérie n’a pas seulement reculé de 14 % en raison de la dégradation des relations diplomatiques — une perte bien connue des milieux d’affaires du MEDEF —, mais la perte la plus importante, peut-être sous-estimée par les responsables politiques français, est le déclin de l’influence de ses médias en Algérie, après avoir été pendant des décennies un pont vers la défense de ses intérêts.