La présidente de l’association France-Algérie et ancienne ministre française, Ségolène Royal, a révélé avoir refusé de participer à l’enquête controversée diffusée par la chaîne France 2, la qualifiant de « préjudiciable à l’Algérie et politiquement orientée ».
« J’ai refusé de participer à cette enquête où j’étais censée être invitée à la rubrique des chaises rouges à la fin du reportage, mais en raison de la grande sensibilité du sujet, j’ai demandé à voir le film avant sa diffusion », a déclaré en effet Ségolène Royal dans un entretien accordé à la télévision nationale.
« Quand j’ai vu le film, j’ai dit clairement que je ne pouvais pas y participer et que je ne pouvais pas légitimer un travail qui offense totalement l’Algérie », a t-elle ajouté, soulignant qu’elle ne pouvait pas « contribuer à augmenter l’audience d’un travail orienté, d’autant plus que mon nom attire le public », a-t-elle affirmé.
L’ancienne candidate à l’élection présidentielle française de 2007 a ajouté :
« Je ne peux pas contribuer à augmenter l’audience d’un travail orienté, d’autant plus que mon nom peut attirer le public ». Elle a précisé avoir exprimé sa position par écrit, estimant que le contenu du reportage était totalement inacceptable.
Poursuivant, elle a déclaré :« Imaginez si la télévision publique algérienne réalisait un reportage similaire sur Emmanuel Macron. Quelle serait la réaction de la France ? Et comment peut-on concevoir un travail médiatique dépourvu de toute dimension professionnelle ? ».
Ségolène Royal a également révélé que la préparation du reportage avait débuté à l’époque où Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur, ce qui, selon elle, explique son caractère orienté.
« En examinant les objectifs de ce reportage, il apparaît qu’il cherche à délégitimer les personnes ayant une double nationalité à travers le témoignage non identifié d’une élue », a révélé Ségolène Royal, estimant que « nous sommes face à un mécanisme clair visant à semer le doute et à empoisonner le débat public à propos des élus ayant une double nationalité», a-t-elle affirmé.
Selon Royal, il s’agit d’« un mécanisme clair visant à instiller le doute et à empoisonner le débat public autour des élus binationaux ».
Pour elle « c’est une méthode connue et ce n’est pas un hasard que ce reportage soit diffusé seulement deux mois avant les élections municipales ».
Ségolène Royal a entamé une visite officielle en Algérie lundi dernier. Elle a été reçue, hier, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
À l’issue de cette rencontre, elle a affirmé que « la reconstruction de l’amitié entre l’Algérie et la France est un devoir envers les jeunes générations des deux rives de la Méditerranée ».
L’ancienne responsable française a réitéré sa position mesurée, appelant à mettre fin à ce qu’elle a qualifié de « postures politiciennes étroites, aux provocations et aux discours alimentés par des parties qui ne veulent pas voir l’Algérie avancer, qui ne reconnaissent pas encore sa souveraineté, son rôle diplomatique dans le monde, ni sa décision de non-alignement et sa liberté de choix de ses alliances ».
La visite de Ségolène Royal intervient dans un contexte de nouvelle tension dans les relations algéro-françaises, à la suite de la diffusion, jeudi dernier, par la chaîne publique française France 2, d’un documentaire jugé hostile à l’Algérie et à ses institutions. Cette diffusion a conduit le ministère algérien des Affaires étrangères à convoquer le chargé d’affaires de l’ambassade de France, samedi dernier.
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