Entretien réalisé par : Nouar Soukou
Le journal El Khabar a rencontré le père Dominique à Annaba, pour un échange consacré à saint Augustin.
Comment l’Église catholique de saint Augustin à Annaba interagit-elle avec la société locale de la wilaya ?
Nous entretenons des relations amicales et fraternelles avec les habitants de la ville d’Annaba. Cette fraternité et cette amitié se manifestent particulièrement lorsqu’ils visitent l’église. C’est une relation fondée sur le respect mutuel et la cordialité. L’Église entretient également d’excellentes relations avec les imams, les établissements scolaires et les universités. Nous organisons parfois des conférences, des rencontres et des activités au cours desquelles nous expliquons aux élèves et aux étudiants qui était saint Augustin et sa pensée, qu’il a développée dans la ville d’Hippone (actuelle Annaba). L’Église est ainsi un lieu d’échange culturel et intellectuel avec la société locale d’Annaba.
Quel est votre sentiment à l’approche de la visite du pape du Vatican à Annaba ?
La visite attendue du pape en Algérie, en général, et à Annaba en particulier, constitue un signe positif et l’ouverture d’une nouvelle ère pour l’Église catholique et la société locale d’Annaba. D’autant plus que le pape appartient à l’ordre augustinien et a déclaré, dès son élection : « Je suis un fils de saint Augustin », ce qui signifie qu’il est l’un de ses principaux disciples.
Peut-on comprendre de vos propos que la visite du pape représente un soutien à la doctrine augustinienne ?
C’est une grande joie pour nous de recevoir un pape appartenant à la tradition spirituelle et intellectuelle de saint Augustin, et pas seulement pour nous, prêtres et religieux de l’Église catholique, mais aussi pour la société locale d’Annaba, qui a vu dans son élection une reconnaissance de saint Augustin, fils de la ville d’Annaba et de l’Algérie. Dès son élection, des habitants se sont rendus à l’église pour nous présenter leurs félicitations, ce qui témoigne clairement de la coexistence et de la tolérance entre les religions et les civilisations.
Quel message adressez-vous aux jeunes d’Annaba et d’Algérie à la veille de la visite du pape ?
Nous disons aux jeunes en Algérie que saint Augustin est un héritage commun entre les Algériens et les chrétiens. Notre message est donc de s’attacher aux valeurs humaines et spirituelles afin de renforcer la coopération et la coexistence entre musulmans et chrétiens, d’autant plus que nous considérons la population de cette ville comme un seul peuple. Nous coopérons ensemble, comme en témoigne la participation de la société locale à la gestion de l’église, que ce soit par le nettoyage ou les dons pour l’achat de matériel et de besoins nécessaires. À cela s’ajoutent les aides de l’État, notamment les travaux de restauration, d’aménagement et de sécurisation du lieu.
L’église accueille environ 43 personnes âgées, hommes et femmes, prises en charge par la communauté. Elle abrite également cinq sœurs et plusieurs membres de la communauté augustinienne suivant son enseignement.
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