Entretien réalisé par : Nouar Soukou
Dans un entretien accordé à El Khabar, le Dr Mourad Ben Djeriou, chercheur en histoire, estime qu’il faut exploiter le site du figuier (ou olivier) de saint Augustin afin d’en faire un pôle touristique d’envergure mondiale.
Quelle est la meilleure manière de valoriser le site de l’olivier de saint Augustin et d’en faire un levier touristique, religieux et culturel ?
Sur le plan religieux, nous souhaitons que cet olivier devienne un lieu de pèlerinage permettant de faire connaître ce grand homme algérien et de présenter l’Algérie ainsi que la réalité des Algériens, méconnue par de nombreux peuples dans le monde. De plus, ce lieu de pèlerinage — l’olivier de saint Augustin — doit devenir un moteur de développement économique. Il faut donc dynamiser le parcours touristique qui y mène, d’autant plus que Souk Ahras regorge de vestiges romains et islamiques, sans oublier ses paysages magnifiques, ses forêts et ses montagnes : c’est une wilaya qui ressemble à un musée à ciel ouvert.
Comment peut-on exploiter ce site lié à saint Augustin ?
Ce saint a fondé un courant appelé l’augustinisme, reconnu dans le monde entier et présent en Asie du Sud-Est, en Europe et en Amérique latine. Beaucoup de personnes issues de ces régions, ayant des connaissances religieuses, souhaitent visiter ce lieu où se trouve l’olivier de saint Augustin. Ce site peut donc être valorisé à deux niveaux : la mise en valeur du patrimoine civilisationnel local et la diffusion des principes humanistes établis par ce penseur. Ainsi, nous invitons le monde à un rapprochement entre les peuples, fondé sur les valeurs de fraternité et d’humanité qu’il symbolisait. Saint Augustin, lorsqu’il interagissait avec les habitants de l’Afrique du Nord et de Souk Ahras, utilisait un langage simple afin de transmettre des messages de justice, d’égalité et de valeurs humaines.
Quelles sont les valeurs pour lesquelles saint Augustin est connu ?
Parmi les valeurs qu’il a consacrées figurent l’humanisme et la coexistence. Dans ses Confessions, il écrit : « Sois qui tu veux, mais sois avant tout humain ; traite-moi comme un être humain, un homme avec qui l’on donne et l’on reçoit. » Ce sont ces principes qui ont marqué l’Église à Rome et se sont répandus dans le monde. Plus encore, ces valeurs humanistes ont été reprises par l’un des grands hommes de l’Algérie en 1860 : l’émir Abdelkader, qui, en Syrie, a joué un rôle majeur dans la protection des chrétiens lors d’un conflit, sauvant des milliers de vies et établissant les bases de la coexistence.
Certains penseurs disent à propos de saint Augustin qu’« il a parlé sous l’olivier et que le monde l’a entendu », car il a posé les fondements d’une pensée existentielle avant même les philosophes modernes, inspirée de ses propres méditations sous cet arbre.
Voulez-vous dire que l’olivier a inspiré toutes ces valeurs ?
Il en a tiré la patience, l’effort, la résistance et la résilience, car l’être humain doit se « presser » lui-même pour donner le meilleur de lui-même. C’est ce qu’a fait Augustin, qui a passé son enfance sous cet arbre avant de se rendre à Madaure, puis à Carthage, et enfin à Milan en Italie.
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