Economie

Un expert américain évoque le gazoduc transsaharien

Depuis des années, l’Algérie s’attache à concrétiser ce projet, qu’elle considère comme un pilier stratégique pour renforcer sa position en tant que hub énergétique

  • 8
  • 2:32 Min

Le projet du gazoduc transsaharien est, selon l’expert américain Geoff D. Porter, techniquement réalisable, loin des idées reçues qui en prétendent la difficulté ou l’impossibilité. Porter affirme que les données d’ingénierie liées au projet ne le rendent pas plus complexe que d’autres projets similaires réalisés dans la région ou dans le monde. Il s’agit en réalité d’un gazoduc terrestre de longueur relativement courte, qui sera raccordé à des installations d’exportation existantes, ce qui réduit les défis techniques.

En réfutant les critiques de certains sceptiques qui, selon lui, propagent des « allégations erronées », l’expert américain souligne que beaucoup des affirmations circulant manquent de précision. Le gazoduc ne sera pas exposé à la surface du sable, comme le disent certaines rumeurs, mais enterré conformément aux normes internationales, seuls les postes de compression restant visibles. Il a également précisé que le projet intègre des mesures assurant la sécurité, tirant parti de l’expérience de l’Algérie dans la lutte contre le terrorisme, en particulier dans la région du Sahel.

Le gazoduc s’étendra sur 4 130 kilomètres, avec une capacité annuelle d’environ 30 milliards de mètres cubes de gaz, ce qui renforce sa viabilité économique. Il reliera les installations gazières du Nigéria aux réseaux algériens destinés à l’Europe via le Niger, permettant d’augmenter les approvisionnements via les gazoducs Medgaz et Transmed.

Porter a également souligné le rôle central de Sonatrach, affirmant qu’elle est devenue une entreprise de dimension internationale, alliant expertise locale et présence à l’étranger, disposant des ressources humaines et des compétences techniques nécessaires à un projet de cette envergure, ainsi que des moyens financiers adéquats.

Cette avancée intervient après la décision du président Abdelmadjid Tebboune, suite à sa rencontre avec le président de la République du Niger, Abdourahmane Tiani, donnant des instructions directes pour lancer les travaux après le mois de Ramadan, illustrant la volonté politique de concrétiser ce projet stratégique pour les trois pays concernés.

Depuis plusieurs années, l’Algérie œuvre à la réalisation du gazoduc transsaharien, le considérant comme un pilier stratégique pour renforcer sa position de hub énergétique régional reliant l’Afrique à l’Europe. La diplomatie et les autorités énergétiques algériennes ont intensifié leurs efforts pour amener le projet à la phase de mise en œuvre, en coordination avec le Nigéria et le Niger, et en fournissant le support technique et financier nécessaire.

Dans ce cadre, le rôle central de Sonatrach est essentiel, tirant parti de son expérience dans la réalisation et la gestion de grands projets d’infrastructure énergétique. L’Algérie a également adapté ses réseaux existants pour accueillir des volumes supplémentaires de gaz, permettant de relier directement le nouveau gazoduc aux lignes d’exportation vers l’Europe, notamment Medgaz et Transmed.

La décision du président Abdelmadjid Tebboune de donner des instructions directes pour lancer le projet reflète la forte volonté politique de l’État algérien de le concrétiser, renforçant la sécurité énergétique régionale et soutenant le partenariat tripartite entre l’Algérie, le Niger et le Nigéria. Ces initiatives témoignent de l’engagement de l’Algérie à transformer le projet d’un simple concept stratégique en une réalité économique et de développement profitable aux pays concernés.