
Le professeur de sciences politiques et de relations internationales, Dr. Abdelhakim Bougherara, a présenté son analyse sur les événements en Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad. Selon lui, le futur du pays pourrait être encore plus dévastateur que la période du régime d'Assad, à l'instar des situations observées en Irak, en Libye, au Yémen et actuellement au Soudan.
Dans une interview exclusive accordée à la chaîne « El-Khabar », Bougherara a expliqué que la scène politique en Syrie serait influencée par des contextes internationaux similaires à ceux observés dans d'autres régions, comme à Gaza, au Liban et en Ukraine. Il estime que les pays occidentaux et Israël ont cherché à affaiblir les mouvements de résistance, notamment le Hezbollah en Syrie et ailleurs, via des attaques ciblées et des frappes aériennes.
Le chercheur a exprimé des préoccupations concernant l'ingérence étrangère et son impact sur la Syrie. Selon lui, les forces étrangères auront une influence considérable sur l'identité politique du pays, en orientant les puissances locales et en soutenant certaines factions pour maintenir l'instabilité.
Bougherara a aussi suggéré que le scénario post-Assad pourrait inclure la formation d'un conseil de transition, l'émergence de partis démocratiques et des pourparlers sur une nouvelle constitution, mais ces avancées risquent de se heurter à des manipulations étrangères qui tenteraient de diviser les communautés syriennes.
Il a également mis en évidence les dangers d'un scénario où les puissances étrangères (y compris Israël) tenteraient de créer un gouvernement syrien favorable à leurs intérêts, ce qui pourrait empêcher toute réconciliation nationale et transformer la Syrie en un pays fragmenté.
Bougherara a souligné que la volonté de réconciliation entre Syriens pourrait être entravée par les ingérences extérieures, notamment celles visant à éviter un renforcement de l'État syrien unifié et fort.
En ce qui concerne le futur régime syrien, Bougherara a émis l’hypothèse d’un gouvernement intérimaire ou d’une personnalité consensuelle qui serait acceptée par les États-Unis pour conduire la phase de transition et rédiger une nouvelle constitution.
Il a, toutefois, précisé que les divisions ethniques et sectaires seraient un obstacle majeur à toute solution durable.
Le chercheur n’a pas omis de mettre en garde contre l’approfondissement des fractures internes et a constaté que l’intervention des puissances internationales pourrait être la cause de l’effondrement des institutions syriennes. Il a, également, souligné l'importance de comprendre les dynamiques des relations internationales, notamment entre les États-Unis, la Russie et Israël, qui pourraient jouer un rôle dans la définition de l'avenir de la Syrie, souvent au détriment des intérêts syriens.
Bougherara a, enfin, conclu que les gouvernements arabes n'ont pas toujours compris les complexités géopolitiques qui sous-tendent ces conflits, et a souligné que la politique de diviser pour mieux régner, souvent appliquée par les puissances étrangères, a conduit à l'effondrement des États arabes, comme cela a été observé dans plusieurs pays de la région.