Nation

Un amendement technique, non un coup de force constitutionnel

Depuis voix suspectes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, se sont élevées pour promouvoir des scénarios fantaisistes

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Depuis plusieurs semaines, des voix suspectes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, se sont élevées pour promouvoir des scénarios fantaisistes autour d’un prétendu amendement constitutionnel, allant bien au-delà de ce qu’avait annoncé la Présidence de la République lors d’une précédente réunion du Conseil des ministres. Des récits alimentés par des relais stipendiés, qui ont tenté d’attiser le doute et de semer une confusion morale au sein de l’opinion publique, en présentant la question comme un coup de force contre la Constitution ou une atteinte à ses fondements immuables. Or, ce qu’a révélé la conférence nationale présidée hier par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, en présence de responsables gouvernementaux, à leur tête Boualem Boualem, directeur de cabinet du Président de la République, ainsi que de chefs de partis politiques, est venu mettre les points sur les i et dévoiler la fausseté de ces allégations, tombées dès la première confrontation avec les faits.

La conférence a clairement affirmé que l’amendement proposé ne dépasse pas son cadre technique et ne touche ni à l’essence de la Constitution de 2020 ni aux articles fondamentaux liés à l’équilibre des pouvoirs ou aux mandats du Président de la République, contrairement à ce qu’ont laissé entendre les désinformateurs. L’objectif central de cet amendement se limite à l’amélioration de certains mécanismes organisationnels, afin de renforcer l’efficacité du fonctionnement institutionnel et d’accompagner les transformations que connaît le pays sur les plans politique, administratif et de développement.

Parmi les points majeurs abordés figure l’amendement relatif à la présidence du Conseil de la nation, proposant de porter le mandat de son président à six ans, renouvelable une seule fois, au lieu de le lier au renouvellement partiel tous les trois ans. Il s’agit d’une mesure purement technique visant à garantir la stabilité et la continuité au sein d’une institution constitutionnelle sensible, et non, comme l’ont prétendu certaines parties, d’une tentative de reconfiguration du système politique selon des agendas cachés.

L’amendement de la loi organique relative au régime électoral s’inscrit dans la même logique, notamment après la création de nouvelles wilayas par décision présidentielle, une initiative saluée car elle reflète une vision stratégique tenant compte des profondes mutations démographiques et économiques que connaît la société algérienne. La révision de la carte électorale constitue ainsi une nécessité dictée par les exigences de la justice représentative et de l’équilibre régional, et non un luxe juridique dans un pays aux dimensions continentales, riche en ressources naturelles dont une grande partie reste encore à valoriser.

Dans son intervention, le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est montré clair et direct en affirmant que ces amendements traduisent la volonté ferme de l’État, sous la conduite du Président Abdelmadjid Tebboune, de poursuivre le renforcement du processus démocratique et la consolidation de l’État de droit sur des bases solides. Il a rappelé que la Constitution de 2020 représente une initiative historique et un acquis national, ayant consacré la primauté du droit, renforcé les institutions de l’État, garanti les libertés et les droits, et ouvert la voie à une dynamique politique plus large ainsi qu’à un rôle plus actif de la société civile.

S’agissant du processus électoral, le Premier ministre a souligné l’équilibre constitutionnel entre les différentes instances, à travers la prise en charge des aspects matériels et logistiques des élections par le ministère de l’Intérieur, tout en permettant à l’Autorité nationale indépendante des élections d’exercer pleinement ses missions de supervision et de contrôle en toute indépendance, conformément à la Constitution. Une clarification qui coupe court aux tentatives de remise en cause anticipée de la transparence du processus électoral.

Dans ce cadre, l’amendement constitutionnel attendu s’inscrit comme une nouvelle étape d’un processus réformateur progressif, calme et responsable, visant à renforcer la stabilité politique et à achever l’édification institutionnelle, loin de la logique des chocs et des aventures hasardeuses. Ce qui fait de toutes les tentatives de brouillage un simple bruit passager, appelé à se dissiper face à la force des faits et à la constance de l’État.