L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a publié son rapport périodique sur le marché pétrolier, révélant des évolutions exceptionnelles et sans précédent sur les marchés mondiaux du pétrole au cours du mois de mars dernier. Le rapport met en évidence des chiffres traduisant un choc d’offre dû à de fortes baisses de production chez les grands producteurs, contrastant avec une stabilité remarquable des approvisionnements de certains pays, notamment l’Algérie, qui a démontré la solidité de son secteur pétrolier et sa capacité à résister aux perturbations régionales et internationales.
Les prix du pétrole brut ont connu en mars 2026 l’une des plus fortes hausses mensuelles. La valeur moyenne du panier de référence de l’OPEP (ORB) a augmenté de 48,46 dollars par baril sur une base mensuelle, atteignant 116,36 dollars, contre seulement 67,90 dollars en février 2026. Par ailleurs, le prix moyen du brut algérien « Sahara Blend » pour le premier trimestre 2026 a été estimé à 82,34 dollars le baril, contre 76,45 dollars en 2025, soit une hausse de 5,89 dollars, avec un niveau de 104,24 dollars enregistré en mars.
Le rapport souligne également la stabilité de l’Algérie : alors que la production de ses voisins et de grands producteurs de l’organisation a reculé, l’Algérie a maintenu son niveau de production élevé sans baisse notable. Selon les données, la production algérienne de pétrole brut s’est établie à 973 000 barils par jour en mars 2026, contre 974 000 barils par jour en février, soit une variation marginale comparée aux reculs importants observés ailleurs.
Cette stabilité s’inscrit dans une tendance haussière claire de la production algérienne. La moyenne du premier trimestre 2026 a atteint environ 971 000 barils par jour, dépassant la moyenne de 2025 (934 000 b/j) de 39 000 b/j, et celle de 2024 (905 000 b/j) de 68 000 b/j, confirmant la capacité du pays à accroître progressivement sa production tout en respectant ses engagements contractuels.
Sur le plan des prix, le brut algérien « Sahara Blend », l’un des bruts légers de haute qualité très prisés sur les marchés européens, a bénéficié de la hausse pour atteindre 104,24 dollars le baril en mars 2026, soit une augmentation mensuelle de 30,65 dollars. Cela permet de générer des recettes importantes pour le Trésor public et de renforcer la capacité financière de l’État à financer les projets de développement.
Cette performance stable revêt une importance stratégique accrue dans le contexte actuel, car elle garantit des approvisionnements fiables aux marchés européens, de plus en plus dépendants du pétrole et du gaz algériens face aux perturbations au Moyen-Orient. Elle renforce également la crédibilité internationale de l’Algérie en tant que partenaire énergétique fiable.
À l’échelle mondiale, la hausse des prix a concerné plusieurs références : le Brent (échéance la plus proche) a augmenté de 30,23 dollars pour atteindre 99,60 dollars le baril en moyenne, le WTI a progressé de 26,48 dollars à 91,00 dollars, et le brut d’Oman a bondi de 56,14 dollars à 124,56 dollars.
L’écart entre le Brent et le WTI s’est élargi de 3,75 dollars pour atteindre 8,60 dollars en moyenne.
Le choc provient principalement de l’offre : la production totale des pays participant à la Déclaration de coopération (DoC) a chuté de 7,70 millions de barils par jour sur un mois, atteignant 35,06 millions b/j en mars 2026, soit son plus bas niveau depuis des années. La baisse a concerné principalement les pays de l’OPEP, dont la production a diminué de 7,878 millions b/j, tandis que les pays non membres n’ont enregistré qu’une légère hausse de 176 000 b/j.
Les plus fortes baisses ont été observées en Irak, en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Koweït et en Iran.
Concernant les produits raffinés, le rapport indique une hausse des marges de raffinage dans toutes les grandes régions en mars 2026, en raison de la baisse de la production liée au manque de brut et à la hausse des prix des distillats moyens comme le diesel et le carburant aviation, ainsi que des perturbations logistiques et des contraintes opérationnelles des raffineries.
Malgré ces turbulences, l’OPEP a maintenu ses prévisions de croissance économique mondiale : 3,1 % en 2026 et 3,2 % en 2027. Les États-Unis devraient croître de 2,2 % en 2026, la zone euro de 1,2 %, la Chine de 4,5 % et l’Inde de 6,6 %.
Quant à la demande mondiale de pétrole, elle devrait augmenter de 1,4 million de barils par jour en 2026 et de 1,3 million en 2027, avec une croissance principalement tirée par les pays hors OCDE.
Dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante et de hausse attendue de la demande à l’été 2026, les prix devraient rester élevés, avec des répercussions majeures sur l’économie mondiale. La capacité de producteurs stables comme l’Algérie à maintenir et renforcer leur production sera déterminante pour atténuer la crise et sécuriser les approvisionnements énergétiques.
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